mardi 5 avril 2011

Regard dans le miroir

Etonnant, cet attachement humain aux autres, aux déceptions, au besoin d'être aimé ou tout au moins reconnu... Ne pouvons-nous vraiment pas vivre sans les autres? Non, bien sûr, la question est ridicule. Mais pourquoi s'attacher à des gens qui ne nous rendent pas nos sentiments? Ou pourquoi souffrir d'un manque d'attention de quelqu'un avec qui on se dit qu'en fin de compte on n'a pas tant à partager?

Le regard dans le miroir ce matin me révèle une femme qui a peur de l'abandon (un jour je grandirai et dépasserai mes peurs), de la mise à l'écart et qui, surtout, ne supporte quand elle ne comprend pas ce qui se passe ou qu'elle se sent jugée, sans explication ni raison apparente. Je n'aime pas l'image que me renvoie le miroir.
J'essaye de dépasser ces sentiments, mais je n'y arrive pas toujours. D'où ma pollution de la blogosphère ce matin.

C'est d'autant plus inutile que je vous parle d'une amitié naissante qui ne s'est pas développée pour des raisons ridicules. Pas si inutile que cela, car cette anecdote cache autre chose.

Il est facile de se dire qu'il ne faut pas prêter attention à certaines choses, ne pas leur donner plus d'importance qu'elles n'en ont. Mais quand ces situations sans importance révèlent des blessures profondes en nous, difficile de ne pas leur donner un poids parfois trop lourd.

Alors, que faire? Identifier la blessure profonde que cache la petite blessure de l'ego, dénouer le noeud et passer à autre chose. Se prendre le temps et l'énergie, mais aussi le courage nécessaire à regarder dans le miroir, vraiment. Pour changer ce que l'on voit en une image qui nous plaît. Ce n'est pas la femme et ses blessures qu'il faut changer, mais le regard qu'elle porte sur elle-même. Facile, non?

jeudi 24 mars 2011

Héritage

Sujet doux et douloureux à la fois... Aujourd'hui, ça fait dix ans que mon père est décédé. Doux, parce que je porte en moi cet amour qu'il ma porté (et pas seulement à moi, bien sûr, mais c'est mon moment d'égoïsme, celui où mon papa est mon papa), parce que je pense à lui avec tendresse. Souvent, très souvent, même si je n'en parle pas. Douloureux, parce que l'enfant que je suis pleure toujours un peu son papa, égoïstement.

Je n'ai pas envie de m'étendre trop dans ce billet, mais j'ai tout de même besoin d'écrire quelque chose. Je repense à un poème écrit par une proche, inspiré par cet homme debout, comme elle le décrivait à la fin de son parcours. Je repense aussi à ces interminables discussions sur mes lectures scolaires du moment, entre littérature et philosophie (et avant ça, sur les déclinaisons latines, mais alors ça, c'état vraiment barbant à mes yeux...). Puis, plus tard, les discussions à proprement parler philosophiques. Et aussi, ces longs échanges téléphoniques sur tout et sur rien, souvent terminés par un: "Amen! Ca suffit pour aujourd'hui!" (Il faut dire que ces appels duraient régulièrement plus d'une heure.)

Mon père a sans aucun doute été la personne qui m'a le plus influencée sur un terrain intellectuel, toujours à chercher plus loin, parfois trop à mon goût, toujours à trouver encore un argument, comment rebondir sur un nouveau sujet, mais toujours ouvert à l'argumentation. Et probablement aussi pour me former à l'argumentation et à la pensée indépendante. Non seulement il m'a toujours soutenue et encouragée dans mon cheminement, mais il m'a aussi montré l'exemple, au-delà des mots, par sa manière d'agir.

Je repense à toutes ces discussions, à tout ce que j'ai reçu et qui a permis de me construire, et j'espère que je pourrai donner la même chose à mes fils. Que par moi, ils découvrent aussi un peu de ce grand-père qu'il n'auront pas connu, par cet héritage intellectuel.

vendredi 18 mars 2011

Tu as vu? J'ai un grelot comme Oui-Oui!


Nathanaël m'avait demandé un bonnet comme Oui-Oui...


Je l'ai cousu un peu vite et sans faire de patron, il est un peu serré et finira peut-être sur la tête de Liam... Dans ce cas, Nathanaël en recevrait bien sûr un autre!

mardi 8 mars 2011

Pendant que maman bloggait...


Liam faisait la sieste et Nathanaël réorganisait la cuisine.

Journée internationale de la femme

Aujourd'hui, c'est la journée des femmes. Dans la danse des journées internationales, avons-nous encore le temps de nous arrêter sur l'une ou l'autre des causes qu'elles invitent à défendre? Loin de la question rhétorique, c'est une vraie interrogation. Mais je ne tenterai pas d'y répondre aujourd'hui, je me concentrerai sur les femmes. Je ne vais pas soulever toutes les souffrances des femmes de par le monde, et Dieu sait s'il y en a, dans des pays proches ou lointains du mien, des miens.

Prenons la Suisse (dont je connais mieux les statistiques que celles de la France): les femmes ont leur place dans la société, alors pourquoi s'agiter? Parce qu'il y a encore des choses à améliorer, comme par exemple les salaires. A travail égal, en Suisse, les femmes touchent encore en moyenne 19% de salaire en moins que les hommes. 19%, c'est énorme. Sachant que certains employeurs appliquent l'égalité des salaires, je vous laisse imaginer l'écart dans certains secteurs. Autre exemple, le niveau de formation des femmes. Il a certes augmenté, mais aujourd'hui, les femmes abandonnent souvent après leur formation. Dans les secteurs où il faut être présente à plus de 100% pour avancer, elles restent soit dans des positions inintéressantes ou elles préfèrent s'occuper de leur famille. (Il y a par exemple 60% d'avocates stagiaires, mais plus que 30% d'avocates.) Il faut dire qu'on ne leur facilite pas toujours la vie: les temps partiels ne courent pas les rues, et engager une femme en âge de procréer est toujours un risque, elle pourrait avoir l'idée incongrue de vouloir un enfant et prendre un congé maternité. Au retour duquel il arrive qu'on lui fasse gentiment comprendre qu'elle n'a plus sa place dans l'entreprise. En déménageant son bureau dans le coin entre la porte et la photocopieuse (situation vécue par une femme que je connais), en lui proposant un nouveau poste, moins intéressant, dans l'entreprise (forcément, après quatre mois d'absence, il ne faut pas s'attendre à un accueil chaleureux), ou en lui expliquant tout simplement qu'elle est licenciée pour raisons économiques maintenant que son congé maternité est terminé. On manque de places de crèche, comment faire garder son enfant et travailler en même temps? L'homme a souvent un travail plus qualifié et mieux payé que la femme, ce qui rend le calcul rapide à faire. Si l'un des deux doit arrêter de travailler, ce sera la femme. Et ne nous leurrons pas, un homme qui voudra baisser son taux d'activité se verra rire au nez ou se mettre au placard rapidement, surtout s'il a un poste à responsabilités. (Tiens, à ce niveau, il y aurait une certaine égalité...)

Ironie du sort, me direz-vous, qu'une femme au foyer vous parle des droits des femmes. Non, vous répondrai-je. Je fais partie des femmes dont la mère s'est battue pour se faire une place dans un monde d'homme ("Gynécologue, Madame? Quelle idée, c'est un métier d'homme, les femmes n'y comprennent rien et c'est trop dur pour une femme"), qui a réussi, et a même eu un peu de temps pour la famille, les mercredis après-midi. Mais elle est passée à côté d'autres choses que pour ma part je ne voulais pas manquer. J'ai coûté de l'argent à la société en faisant des études, mais j'ai aussi travaillé pendant plus de dix ans (souvent à temps partiel, soit, études obligeaient) avant de m'occuper de mes enfants, j'ai investi du temps et de l'énergie dans l'action sociale durant mes "années actives". Je reste persuadée que ce que la société a investi dans ma formation, je le lui rends, d'une manière ou d'une autre. En éduquant mes enfants, en m'engageant, en reprenant un jour un travail dans mon domaine que j'espère intéressant, même si les chances sont petites (de trouver un travail intéressant dans mon domaine, pas de trouver du travail, ni peut-être de trouver une activité intéressante).

Ce n'est qu'une petite bafouille, mais c'est ma contribution (rapide, et peu fouillée, essayez donc d'écrire une article pendant plus de vingt minutes avec des enfants en bas âge dans les pattes...) de ce jour...